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La prophylaxie aux échecs

La prophylaxie aux échecs

Qu'est-ce que la prophylaxie aux échecs ? Avez-vous déjà regardé une position et pensé : « Si je donne un coup de plus à mon adversaire, il va faire quelque chose d'ennuyeux » ? En bref, c'est là que commence la prophylaxie. La prophylaxie, en relation avec les échecs, désigne un coup joué pour empêcher l'idée de votre adversaire avant qu'il n'ait l'occasion de la jouer. Vous n'attaquez pas nécessairement quoi que ce soit vous-même. Vous empêchez plutôt les plans de votre adversaire. Cela peut être aussi simple que d'empêcher une attaque sur le roi, de protéger une pièce qui va être attaquée ou de contrôler une case. Ce concept est lié à Aron Nimzowitsch, qui en a parlé dans son célèbre livre Mon système. Dans son approche, il écrit que les joueurs devraient être encouragés à penser aux plans de leur adversaire au lieu de se concentrer uniquement sur les leurs. C'est simple à écrire mais difficile en pratique. Lorsqu'un coup d'attaque attrayant se présente, il est difficile de ne pas le jouer immédiatement. Mais parfois, le coup le plus fort peut être celui, plus calme, qui contrecarre les objectifs de votre adversaire.

Comment fonctionnent les coups prophylactiques

En général, une prophylaxie commence par une question simple : « Quel serait le coup de mon adversaire si c'était à lui de jouer ? »

Vous devez vérifier :

  • Une de mes pièces est-elle sur le point d'être attaquée ?
  • Mon adversaire a-t-il une utile percée de pion ?
  • Essaie-t-il de placer un cavalier ou un fou sur une case particulière ?
  • Pourrait-il ouvrir une colonne vers mon roi ?
  • Y a-t-il un coup qui rendrait son plan beaucoup moins efficace ?

Par exemple, votre adversaire prépare son cavalier pour le déplacer vers une case centrale forte. Vous avez le choix : attendre que le cavalier prenne la case puis réagir, ou... vous pourriez essayer de contrôler cette case avant qu'il ne le puisse. Et plutôt que de seulement réagir, vous pouvez désormais empêcher son plan et ses objectifs deviennent beaucoup plus difficiles à exécuter.

Le coup ne gagne peut-être rien immédiatement. C'est en partie ce qui rend la prophylaxie aux échecs intéressante. En général, vous pouvez améliorer votre position en supprimant des possibilités, au lieu de vous concentrer uniquement sur le coup évident.

Exemples de pensée prophylactique

Un exemple courant est la percée de pion. Supposons que votre adversaire ait deux pions liés qui sont sur le point d'avancer et d'ouvrir des lignes vers votre roi. Vous pouvez identifier cette idée avant qu'elle ne se réalise et faire des coups pour vous défendre. Ces coups peuvent consister à donner un peu plus d'espace à votre roi ou à contrôler la case où le pion veut avancer.

Rien de dramatique ne se produit. Pas d'échec, pas de prise. Mais quelques coups plus tard, votre adversaire se rend compte qu'il a perdu son contre-jeu. C'est la partie pratique de la prophylaxie : le but n'est pas de prédire chaque coup que votre adversaire pourrait jouer, mais plutôt, lorsque l'un de ses coups pourrait poser problème, de l'empêcher avant que cela ne devienne votre problème.

Il est également important de ne pas en faire trop. Si vous passez chaque coup à arrêter des menaces imaginaires, vous pouvez finir par jouer passivement. Une bonne prophylaxie repose sur quelque chose de concret dans la position, pas simplement sur la prudence.

Conclusion

Le but de la prophylaxie est de vous mettre à la place de votre adversaire. Avant de jouer votre coup, prenez du recul pour analyser l'échiquier et demandez-vous ce qu'il aimerait faire ensuite. Si vous trouvez un moyen simple de l'empêcher, vous avez trouvé un coup plus fort que de simplement attaquer.

Avec la pratique, cette façon d'aborder les échecs peut devenir naturelle. Vous pouvez voir et gérer les menaces plus rapidement et plus facilement, acquérant une meilleure connaissance des échecs.